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Prononcer le japonais

Introduction

La phonétique du japonais est très restreinte. C'est-à-dire que beacoup de sons n'existent pas en japonais. De se fait, le japonais ne comporte pas de "son" difficile à prononcer pour les francophones. Seul le H et le R ont une forte tendance à être déformés ou omis par les locuteurs francophones. Le plus souvent, le H disparaît dans les mots japonais les plus connus, comme Yamaha qui se prononce bien "yamah'a" et non "yama a". De même, peu de francophones prononcent le mot "karaté" correctement, c'est-à-dire "kalaté".

Il y a plusieurs méthodes pour transcrire le japonais en lettres, principalement la méthode Hepburn et la méthode Kunrei.

Pourquoi avoir besoin d'une méthode pour écrire le japonais en lettres ?
Tout simplement parce que le japonais ne s'écrit pas nativement en lettres romaines (notre alphabets occidental). Il a donc fallut choisir arbitrairement certaines lettres romaines pour représenter les sons du japonais. Par exemple, pour le son KA japonais, on choisir d'écrit KA et non CA.

Nous avons choisi dans ce site la méthode Hepburn car elle est plus facile à lire pour les francophones que la méthode Kunrei.
Par exemple, le son français "cha" s'écrit SHA en Hepburn et SYA en Kunrei. La méthode Kunrei est la méthode officielle, utilisée par le gounvernement, mais dans la vie courante, la méthode Hepburn est la plus répandue, surtout pour les échanges entre Japonais et étrangers, ce qui représente la majeur partie des cas où une transcription en lettre est nécessaire.

La prononciation de cette méthode ressemble à celle de l'italien à quelques exceptions près. Dans les listes qui suivent sont présentées les différents sons de la langues japonaise, ainsi que leur transcription en lettre (méthode Hepburn) et leur prononciation à la française. Pour une meilleure compréhension, les transcriptions Hepburn sont toujours notées comme CECI, et les prononciations à la française comme "ceci" dans tout le site.

La méthode de transcription Hepburn

Les règles de lecture de cette méthode sont simples :

  • Contrairement au français où il y a beaucoup de lettres muettes, dans cette méthode, toutes les lettres se prononcent.
Les voyelles
  • Les voyelles A, I et O se prononcent comme en français.
  • Le E se prononce toujours "é".
  • Le U se prononce toujours "ou", ou plus précisément entre le "ou" et le "eu", mais plus proche du "ou".
  • Les lettres se prononcent telles quelles. Elles ne se combinent pas comme en français. Par exemple AI se prononce "" et non "é".
Les consonnes
  • Les consonnes n'ont qu'une seule prononciation.
  • Le S se prononce toujours "s". Par exemple, OSOI se prononce "ossoï" et non "ozoua".
  • Le G se prononce toujours "gu". Par exemple, KAGE se prononce "kagué" et non "kajé".
  • Le H se prononce avec une forte expiration (OSOI et HOSOI sont deux mots très différents).
  • Le R doit toujours être lu comme un "l" ( RYU se prononce "lyou").
  • Le W se prononce "ou" comme en anglais, et non "v".
  • Le Q et le X ne sont pas du tout utilisés.
  • Le F et le V ne sont utilisés que pour certains mots étrangers, sauf le son FU qui s'apparente au son HU.
  • Le FU et le HU sont phonétiquement confondus et se prononcent entre le f et le h' ("h" aspiré), "fh'ou".
Liste de tous les sons du japonais
Sons, syllabes ou phonèmes

Il est difficile de déterminer si l'on parle de sons, syllabes ou phonèmes car les Japonais mélangent généralement ces notions. Les Japonais n'entendent pas les mots par suite de consonnes et de voyelles (comme le font les francophones) mais par suite de sons, un son étant composé d'une consonne et d'une voyelle, d'une voyelle seule ou du N final.
Par souci de simplicité, nous parlerons dans les pages qui suivent de "sons", puisque c'est le terme qui a le sens le plus large et se rapproche le plus de la notion japonaise.

L'ordre alphabétique

L'ordre alphabétique japonais est le GOJÛONJUN (godjouu onjoune), soit "l'ordre des cinquante sons". Il se compose de cinq séries de consonnes non-voisées associées aux cinq voyelles phonétiques :
A KA SA TA NA HA MA YA RA WA
I KI SHI CHI TCHI NI HI MI RI
U KU SU TSU NU FU MU YU RU
E KE SE TE NE HE ME RE
O KO SO TO NO HO MO YO RO WO
.

Les consonnes voisées suivent leurs consonnes correspondantes non-voisées. Le GA suit le KA, le ZA suit le SA, le DA suit le TA, BA suit le HA, et le PA suit le BA. La série des A étendue devient :
A KA GA SA ZA TA DA NA HA BA PA MA YA RA WA. C'est l'ordre utilisé dans les dictionnaires.

On remarque que toutes les séries ne comportent pas le même nombre de sons car certains sons n'existent simplement pas en japonais.

Il existe aussi un ordre alphabétique traditionnel, exprimé sous la forme d'un poème (ou chant) comportant tous les sons une seule fois. Il n’est plus beaucoup utilisé de nos jours. On le retrouve parfois encore comme numérateur de liste (comme équivalent de 1, 2, 3, etc.) ou comme nom de restaurant, mais cela ne dépasse guère les 5 ou 6 premières syllabes.
I RO HA NI HO HE TO CHI RI NU RU WO
WA KA YO TA RE SO TSU NE NA RA MU
U WI NO O KU YA MA KE FU KO E TE
A SA KI YU ME MI SHI WE HI MO SE SU
.

On remarque la présence dans cet alphabet de WO, WI et WE. Ces sons ne sont plus utilisés et sont prononcés depuis longtemps O, I et E.
(Le WO se distingue car le caractère qui le représente est toujours utilisé dans un cas particulier, mais il est tout de même prononcé O.)

Les sons de base

Notez bien l'absence de certains sons : SI, TI, TU, ZI, DI et DU. Ces sons ne sont pas utilisés en japonais.

  • SI et ZI n'existent purement pas en japonais. Les Japonais prononceront forcément SHI et JI à la place.
  • TI, TU, DI et DU ont été rajoutés à une époque récente afin de prononcer certains mots étrangers. Hormis pour ces mots, ces sons ne sont pas utilisés en japonais.
A
I
U
E
O
A
(a)
I
(i)
U
(ou)
E
(é)
O
(o)
KA
(ka)
KI
(ki)
KU
(kou)
KE
()
KO
(ko)
SA
(sa)
SHI
(chi)
SU
(sou)
SE
()
SO
(so)
TA
(ta)
CHI
(tchi)
TSU
(tsou)
TE
()
TO
(to)
NA
(na)
NI
(ni)
NU
(nou)
NE
()
NO
(no)
HA
(h'a)
HI
(h'i)
FU, HU
(fh'ou)
HE
(h'é)
HO
(h'o)
MA
(ma)
MI
(mi)
MU
(mou)
ME
()
MO
(mo)
YA
(ya)
YU
(you)
YO
(yo)
RA
(la)
RI
(li)
RU
(lou)
RE
()
RO
(lo)
WA
(oua)
GA
(ga)
GI
(gui)
GU
(gou)
GE
(gué)
GO
(go)
ZA
(za)
JI
(dji)
ZU
(zou)
ZE
()
ZO
(zo)
DA
(da)
DI, DJI
= JI
DU, DZU
= ZU
DE
()
DO
(do)
BA
(ba)
BI
(bi)
BU
(bou)
BE
()
BO
(bo)
PA
(pa)
PI
(pi)
PU
(pou)
PE
()
PO
(po)
N (n)
Le N final ne se trouve qu'à la fin des syllabes.
Les sons composés avec YA, YU et YO
YA
YU
YO
KYA
(kya)
KYU
(kyou)
KYO
(kyo)
SHA
(cha)
SHU
(chou)
SHO
(cho)
CHA
(tcha)
CHU
(tchou)
CHO
(tcho)
NYA
(nya)
NYU
(nyou)
NYO
(nyo)
HYA
(hya)
HYU
(hyou)
HYO
(hyo)
MYA
(mya)
MYU
(myou)
MYO
(myo)
NYA
(nya)
NYU
(nyou)
NYO
(nyo)
GYA
(gya)
GYU
(gyou)
GYO
(gyo)
JA
(dja)
JU
(djou)
JO
(djo)
BYA
(bya)
BYU
(byou)
BYO
(byo)
PYA
(pya)
PYU
(pyou)
PYO
(pyo)
Les allongements de voyelles et les doublement de consonnes

Les allongements de voyelles sont la bête noire des francophones. Les francophones ne savent pas, sauf rares cas particuliers, distinguer un son normal d'un son allongé. Pourtant, ils ne sont pas difficiles à prononcer, puisqu'il s'agit de prononcer plus longtemps la syllabe allongée. Il est fortement recommandé de s'entraîner à les distinguer car ils font pleinement partie de la langue japonaise.

Les allongements de voyelles se notent normalement AA, I, U, E, O. Par commodité, nous les noterons plus généralement avec l'accent circonflexe ou la répétition de la voyelle.

A
I
U
E
O
Â, AA
(aaa)
Î, II
(iii)
Û, UU
(ouu)
Ê, EE
(ééé)
Ô, OO
(ooo)

Vous rencontrerez problablement d'autres façons de transcrire l'allongement de son comme OH ou OU. Tous deux signifient O.

Les doublements de consonnes (ou "consonnes géminées") ne sont pas facile à distinguer au début. Il s'agit de prononcer deux fois la consonne avec un court temps d'arrêt entre les deux, un peu comme le "t" dans "At...tchoum !".

Le doublement peut se faire avec les consonnes BB, CC, DD, FF, GG, HH, JJ, KK, PP, RR, SS, TT, VV et ZZ.

Les sons "rajoutés" pour les mots étrangers

Ces sons "rajoutés" ne sont pas toujorus réellement prononcés par les Japonais, mais ils offrent tout de même la possibilité d'exprimer certains mots étrangers qui seraient fortement déformés sans ces sons.
Cela dit, le fait de déformer fortement certain sons n'empêchent pas les Japonais de les utiliser un peu partout, pour des noms de marque, etc.


Bien qu'il ne soit pas natif au japonais, le F ne pose pas beaucoup de problèmes pour les Japonais. Ceci est probablement dû au fait que le FU soit très proche du HU.
A
I
U
E
O
FA
(fa)
FI
(fi)
FE
()
FO
(fo)
  • Le V, même si certains Japonais arrivent à le prononcer réellement "v", est très souvent déformé par les Japonais. Ils le prononcent le plus souvent entre le "v" et le "b" (comme en espagnol).
A
I
U
E
O
VA
(bva, ba, va)
VI
(bvoui, boui, vi)
VU
(bvou, bou, vou)
VE
(bvoué, boué, )
VO
(bvouo, bo, vo)
  • Les phonèmes suivants ne posent pas beaucoup de problème et sont souvent utilisés.
A
I
U
E
O
TI
(ti)
TU
(tou)
TSE
(tsé)
DI
(di)
DU
(dou)
JE
(djé)

Attention à na pas confondre le TI et le TU de la méthode Hepburn avec le TI et le TU de la méthode Kunrei. En effet, en méthode Kunrei, les sons "tchi" et "tsu" s'écrivent TI et TU.

La méthode de transcription Kunrei

Il y a, en fait, peu de différences entre les méthodes Kunrei et Hepburn. Seuls quelques sons ont une notation diffèrente. Il est important de connaître également cette méthode car on la rencontre de temps à autre, notamment sur les documents écrits par des Japonais ne connaissant pas la méthode Hepburn .

Les phonèmes dont la notation Kunrei diffère de la notation Hepburn
A
I
U
E
O
HU
(fh'ou)
SI
(chi)
ZI
(dji)
TI
(tchi)
TU
(tsou)
DI
(dji)
DU
(dzou)
YA
YU
YO
SYA
(cha)
SYU
(chou)
SYO
(cho)
TYA
(tcha)
TYU
(tchou)
TYO
(tcho)
ZYA
(ja)
ZYU
(jou)
ZYO
(jo)
Kazoku